21.10.12

Planning de travail avec la BITH




Prévision d’un premier planning de travail selon les disponibilités des 8 protagonistes de la BITH.

Lundi 8 // 18h30
Mardi 9 // 18h30
Mercredi 10 // 12h00
Jeudi 11 // 7h15
Vendredi 12  // 18h30

Méthodologie >> Travailler en 2 groupes de 4, pour que chacun soit regard extérieur a un moment, et doive donner des retours sur l'exercice



Jour 1 - Lundi 8 - 18h30 - Rue Capois / Place du Champs de Mars

ð  PREVISION
Exercice 1 // Susciter l’intérêt.

Groupe 1 >> Attirer l'attention du public
Les 4 comédiens choisissent un endroit dans la rue. Ils sont éparpillés, séparés les uns des autres. Chacun doit créer un chœur de gens avec sa proposition. Il doit maintenir l'attention du public et agrandir le chœur des spectateurs. Il doit trouver une fin.
C'est une improvisation de 10 minutes minimum.

Groupe 2  >> Rassembler les énergies.
Même ex. que le Groupe 1 + Les 4 comédiens s'installent, chacun à un endroit choisi, mais pas très éloignés les uns des autres. Chacun commence son action. Le but étant de relier son action aux autres propositions, donc d'arriver à créer une situation pour que toutes les propositions se rejoignent. Quitte à entrer dans la proposition de l'autre et abandonner la sienne si c’est l’autre est plus forte. Et tout ça sans jamais perdre l’attention du public.

Exercice 2 // Travail d'espace. La relation entre le comédien et l'espace qu'il habite.

Groupe 1 >> Ouvrir l'espace
Les 4 comédiens créent une situation dans un espace réduit qui prendra fin dans un espace immense (place du Champs de Mars).

Group 2 >> Fermer l'espace
Invers. au groupe 1. Les 4 comédiens créent une situation dans un espace immense (créer l’espace/mettre de la distance) qui prendra fin dans un espace réduit (concentrer le public sans qu’il perde sa visibilité).

ð  RESULTAT
On commence à 19h30
La nuit tombe

Exercice 1//Groupe 1
Pour attirer les gens, les différentes propositions tentent toute d'appeler, de créer un conflit, d’hurler, de scander ou discourir haut et fort, de faire de la propagande (religieuse). La façon d'attirer est souvent très agressive. Les comédiens sont « habitués » à créer des situations faussement « invisibles » pour provoquer une réaction sociale.
Ils attirent le public avec des actions quotidiennes susceptibles d'être « réelles » ou vraisemblables. Il n'existe pas d’approche douce et sensible du public.
La conscience du spectateur n'existe pas. Il n’y a aucune gestion du public.
Toutes les  propositions ne sont pas liées, attachées, ancrées à l'espace où elles se déroulent, c’est pourquoi les acteurs ont du mal à défendre leur proposition. De fait, tout cela les oblige à être « visibles » dans  l'improvisation. Les décisions sont toujours pensées au préalable et « collées » dans la rue. Aucune des situations qui peuvent surgir autour (dans la rue, la ville, la vie) ne peut donc être intégrée au déroulement de l’action.

Le silence, les images, « laisser le temps » n'existent pas n’existent pas dans la construction des improvisations. La parole, le texte, la voix sont absolument omniprésents. Elles remplissent tous les vides. Chaque comédien proposant une problématique aussi attrayante soit-elle, ne peut la développer car elle est circonscrit par la volonté de trouver une résolution préfabriquée.

Exercice 1 // Groupe 2
Travail de groupe, de chœur, sans que chaque comédien arrive à s’accorder sur un objectif commun.
Chacun s'accroche à sa proposition et il est difficile de construire quelque chose ensemble et de rassembler les énergies. Certaines propositions prennent mais meurent aussitôt parce que les autres ne sont pas conscients de leur existence. Les comédiens perdent beaucoup d'opportunités de jeu car ils ne prennent pas gardent aux autres.


>> La Nuit tombe. L’absence de lumière et la fatigue ne nous permettent pas de continuer.

NOTE
À la fin de la séance, on nous dit que demain la répétition est annulée parce qu’il y une cérémonie pour le 1er Anniversaire de la mort de Leroy, un ami de l'université assassiné l'an dernier.


Jour 2  - Mercredi  9 – 12h - La Fokal

ð  PREVISION
Continuation de la séance de lundi qu’on n’a pas fini.
Travail de gestion de l'espace : Ouvrir et fermer l'espace
Prendre conscience de l'audience, du public.
Travail du chœur et du coryphée

ð  RESULTAT
A 13h, 3 personnes sont là. Avec 3 sur 8, on ne peut pas vraiment travailler comme on a prévu de faire, donc on change de planification et on décide de proposer un travail de table sur les différentes créations que la BITH doit créer pour le festival des 4 Chemins, qui a lieu dans un mois.
On choisi un projet pour commencer, "L'Attente". Cette création se veut être une critique sociale, qui doit faire prendre conscience de la situation endémique que l'individu haïtien vit au quotidien. Haïti est un pays qui attend. Pour faire avancer la dramaturgie, nous leur proposons de poser des questions, pour qu’ils puissent par eux même former, déblayer, trouver, la colonne vertébrale du spectacle. De quoi on parle et pourquoi ?

Chacun parle de ses envies, de sa vision de l’Attente. C'est la première fois que les comédiens se retrouvent à parler de leur projet.
A l’issue du Brain Storming  nous proposons de passer au plateau pour continuer les propositions.
On nous répond : Non, ce n’est pas possible, on n’est pas tous là ! C'est une création collective, on ne peut pas matérialiser des choses si on n'est pas tous.
Pour eux, faire des improvisations c’est fixer… c’est dire comme le concept de répétition est inexistant dans leur manière de procéder. Ce qui nous amène à l'attente, une nouvelle fois.
C’est à partir de ce moment là, que l'attente deviendra le leitmotiv de notre collaboration.
Ils ont peur de mettre les choses en mouvement. Tant que le projet reste à l’état gazeux, cérébral, sur le papier, tout va bien. Dès qu’il s’agit d’y mettre du corps, c'est une autre chose.
Pourquoi les présents se prisent sous prétextes que les absents  ne sont pas là ?
Pourquoi le fait d’avancer sur le travail et la recherche avec les présents est-elle inenvisageable ?
Les absents ne feraient-ils pas confiance aux présents ?
Les absents ne peuvent-ils pas se réintégrer dans la proposition (qui n’est qu’à l’état de recherche) par la suite ?
Pourquoi les présents acceptent-ils d’être pénalisés par les absents ? De ne pas avancer sans eux ? De perdre leur tems à les attendre vainement ?
Les absents seraient-ils plus forts que les présents ?

>> 14h : On est 5.

Jour 3  - Jeudi 11 -  7h15 - Place des Artistes

ð  PREVISION
Travail avec tout le groupe, à 8. Préparation d'un parcours dans le centre ville de Port-au-Prince.
NOTE : Michelle de la Fokal (lieu qui nous accueille) nous propose de présenter une restitution du travail que nous sommes en train de faire avec la BITH, à la fin de notre séjour, le vendredi 19.

Exercice 1 // Coryphée
Le group marche. Il y a un coryphée qui fait une proposition. Le reste du group l’appui et le suit. Quand tout le monde a été coryphée, l'exercice s'arrête.

Exercice 2 // Transformation de l'espace
Avec la même structure (ex.1), le groupe doit transformer l'espace. Il s'agit de mettre en valeur un espace, de trouver une proposition plastique pour décaler l'image quotidienne que tout le monde a de cet endroit. C'est une relation directe entre le lieu et les acteurs. La relation avec le public est périphérique, même s'il va être le récepteur direct.  On joue sur un rapport de distance et de visibilité. Le 1er lieu est imposé : le marchand de lits le long du cimetière.

Exercice 3 // Majeur- Mineur
Il s’agira de continuer ce qui a été fait dans l’ex.2 par groupes de 3. Sur les 3 protagonistes, 1 est le Majeur, les deux autres le suivent en Mineur. La position de chacun changera au cours de l’improvisation.

ð  RESULTAT
On commence à 8h20 (en s’étant levées à 4h15). Nous avons attendu au milieu de la place plus d’une heure, que tout le monde arrive. Celle pour qui le rdv a été fixé si tôt n’ai jamais venue….

Exercice 1 // Ils sont 7 acteurs à faire de multiples propositions, créent des expectatives intéressantes mais n’arrivent pas à les développer. Ils ne prennent pas de risques.

Exercice 2 // Ils ont des difficultés  à ouvrir l'espace. Ils parlent entre eux et n’arrivent pas à prendre conscience véritablement du public potentiel qui les entoure, les voit. Ils jouent pour eux et c'est pour cela que leurs propositions ne tiennent pas longtemps. Ils ne prennent aucun risque. Ils sont dans l'analyse mentale et pas dans l'action.

>> Demain, travail sur l’Attente, dans un local prêté à Clorette, à côté du cimetière.

Jour 4 - Vendredi 12 – 18h30 - Local

ð  PREVISION
« On va voir ». Nous sommes fatiguées d'attendre des gens sensés venir hypothétiquement et qui ne viennent jamais. Nous ne savons plus vraiment comment et quoi faire. Puisque nous sommes dans une salle, nous envisageons de travailler sur :
- la dramaturgie, le canevas et la ligne centrale de l'histoire de l’Attente
- faire un travail de personnages

ð  RESULTAT
On arrive au local avec Vladimir, mais on laisse Eliezer qui nous rejoint « juste après ». Regina et Clorette sont déjà là. Chelson arrive à 20h. On est 5. On expose le problème. Elsa demande dans quel état ils sont, comment les gens se sentent. C'est une situation insoutenable. Il y a un souci concernant l'implication réel des gens. La communication entre eux et nous n'est pas facile.
A ce moment là, la seule ampoule de la salle s’éteint. On ne peut plus se voir. SIGNE
Après, c'est l'orage qui arrive. Seule une fine taule ondulée nous sépare de la pluie. Le bruit devient assourdissant, on ne peut plus s’entendre. SIGNE
ON EST DANS L'ATTENTE
Le groupe est piégé par son propre sujet, l'Attente. Parmi les 8 de la BITH, tout le monde attend tout le temps que les autres arrivent ou quoi ou qu’est-ce, et c’est pour ce la que la BITH n’arrive pas à travailler.

On n'en a marre!
LE planning établi avec le groupe vol en éclats. Après un WE de réflexion entre nous et grâce aux diverses discussions qu'on a eu avec Anne Lescot, Caroline et Jean Sebastien Bariah, on decide nous-mêmes de la planification de la semaine qui arrive pour travailler le projet du Bus et de l’Attente.

Jour 5 - Lundi 15 - 14h - La Fokal

ð  PREVISION
Proposition d’un exercice en binôme autour de « La véritable histoire de Potoprèns ». Ce parcours ira du parvis de la Fokal jusqu'à la rue de la Fleur de Chaîne, à deux pas de là, près d’un bus abandonné.
Objectif :
Quel est le statut du comédien ? Quel est le statut du public ?
Vous arrivez jusqu’à un bus mais il ne démarre pas. Pourquoi ?
3 propositions sont faites (car nous attendons au moins 6 personnes) :
Vous êtes 2 Guides touristiques
Vous êtes 2 Responsables d'une ONG
Choix libre

ð  RESULTAT
2 personnes arrivent à 14h30, le reste de l’équipe à 15h. Là, on nous apprend qu’à 17h, la BITH fera une présentation à l’Institut Français de sa tournée en France en août dernier. Avec leur emploi du temps de ministre, les comédiens de la BITH ne peuvent pas prendre les 2h qui suivent pour bosser.
Répétition annulée (encore).

Jour 6 - Mercredi 17 (Jour férié) - 14h - La Fokal

ð  PREVISION
Ce qu’on aurait dû faire hier.

ð  RESULTAT
On commence à 16h. Après 2h d’attente, il n’y a que 4 personnes Vlad, Clorette, Eliezer, Regina.
Les proposition sont riches, mais déteignent très vite. Il n’y a aucune conscience du public, mais déjà les comédiens commencent à comprendre ce que c’est que de travailler «  en rue ». Tout n’est pas perdu….

Jour 7 - Jeudi 18 - 14h – La Fokal

ð  PREVISION
Nous leur proposons que ce soient eux qui aujourd’hui proposent quelque chose, une ligne, une idée, une improvisation avec des personnages, un parcours, de créer des images. Tout cela dans le but de constituer une petite forme à peu près tangible pour la présentation de demain. Hé oui, déjà ! L’idée c’est avant tout qu’ils se saisissent des outils transmis pour faire aujourd’hui une proposition qui soit 100% la leur. «  Mais attention, n’oubliez pas les 5 W+H = qui où quoi quand comment pourquoi ».

ð  RESULTAT
On commence à 15h avec 3 d'hier, la 4ème n’est pas revenue, mais une nouvelle est arrivée.
Après X et Y tergiversations,

Jour 8 - Vendredi 19 – 14h – La Fokal

ð  PREVISION
Un filage, une italienne et une allemande. Puis restitution ou « ponctuation » à 16h.

ð  RESULTAT
On commence à 15h pour faire une italienne à 4. Mais une comédienne part en cours de route pour aller bosser ailleurs. Elle ne reviendra pas. A 15h30 une autre comédienne arrive qui n’était pas là els jours précédents… les comédiens décident de l’intégrer. Eliezer nous quitte à l’heure pour aller chercher un bout de costume. On commence la restitution 20 minutes en retard. Surprise ! Dans le public, il y a des comédiens de la BITH !

Conclusion >> sur un planning de travail établi avec la BITH sur 2 semaines à raison de 4h/jour pendant des semaines de 5 jours, on a réussi à travailler 2h/jour maximum sur 7 jours au total. Certains des comédiens ont tout de suite déserté, nous ne les avons jamais revu, et nous n’avons travaillé qu’une seule fois avec la totalité du groupe.